Le métier de comédien est une aventure anthropologique formidable.
Je vois deux aspects principaux dans cette aventure. Ils sont liés mais je souhaite les distinguer pour mieux les souligner.
Avant tout, je propose içi une approche du point de vue du comédien, et non du spectateur ou bien de la société.
Lorsqu'un comédien est chargé d’interpréter un personnage, quel qu'il soit, une aventure commence pour lui.
Elle se déroule en 3 étapes.
On commence par une étude de l'auteur pour avoir à l'esprit ses intentions, comme un petit rai de lumière qui éclaire le travail.
Ensuite, à la lecture du rôle, on relève tous les moindres détails qui nous informent sur sa personnalité. Pas seulement les informations directes et explicites mais aussi celles qui surgissent entre les lignes (s'il tape souvent du pied nerveusement , s'il préfère le vert au rouge, la manière de marcher, etc...)
Enfin, à partir de ce florilège de détails, on va se poser tranquillement dans un coin et construire la vie de ce personnage depuis quasiment sa naissance jusqu'au moment où il ouvre la bouche pour sortir les premières lignes de texte. On reconstitue les évènements qui ont pu le marquer pour devenir ce qu'il est. On doit alors entrer dans sa construction psychologique pour imaginer de manière vraisemblable ce qui explique pourquoi il dit et fait ce qu'il y a dans le texte.
Il ne s'agit pas tant d'intellectualiser le personnage, mais de passer du temps avec lui et de le "cerner" dans un élan d'empathie. Il s'agit de sentir le personnage.
Cela représente une grande partie du travail de comédien. Mais ce n'est pas tout.
Ce qui est intéressant, c'est qu'il existe autant de manières de comprendre un personnage qu'il y a de comédiens pour l’interpréter.
Ce qui est aussi très intéressant, c'est cette magie qui s'opère lorsque le personnage prend vit sous les traits de son interprète. Il devient unique, ce n'est plus le comédien, ce n'est plus un ensemble de mots fictifs, c'est une personne, prenant un peu de la personnalité de l'interprète qui embrasse une situation inédite.
Prenons l'exemple d'un personnage de sexe masculin, âgé de 43 ans, veuf, vivant au 19ème siècle, issu de la classe ouvrière anglaise et qui, mettons, tombe amoureux de la femme de son patron.
On aura choisit un interprète masculin faisant la quarantaine, vivant à Paris en 2012, peut-être marié et père. Se mettre dans la peau de ce personnage et comprendre les enjeux de la décision qu'il doit prendre - déclarer ou taire son amour au risque de tout perdre, être malheureux ou bien les deux...- demande au comédien d'oublier sa propre situation pour se mettre à la place de cet homme comme s'il s'agissait de sa propre existence.
Une fois sur scène -ou devant une caméra- tout cela doit être oublié, digéré, intégré dans son inconscient, devenir intuitif, parce qu'à ce moment il n'y a plus qu'un seul mot d'ordre: la sincérité.
Une sincérité qui s'inscrit dans un moment présent qui est celui du personnage actant. Donc un moment réel.
S'il y a du stress avant de monter sur scène, il est atténué par la nécessité de se détacher de soi pour devenir un autre soi qui a des choses importantes à dire, qui priment sur la crainte de ne pas être à la hauteur.
Le premier aspect dont je parlais plus haut est celui-ci:
Etre comédien, c'est partir à la rencontre des autres possibilités de soi-même, au-delà de l'espace et du temps. C'est découvrir les autres existences potentielles que l'on aurait pu connaître si l'on était né içi ou ailleurs, de nos jours ou dans une lointaine époque, voire une époque imaginaire. C'est découvrir l'irréductible fond d'humanité qui réside en chaque homme une fois les "accidents" culturels mis de côté.
Voici le second. Il est d'ordre psychologique.
Etre comédien, c'est partir à la découverte de soi, de sa personnalité, son individualité, son unicité. Se confronter aux autres possibilités de soi-même permet d'apprendre à se connaître. Cela permet de prendre du recul par rapport à son quotidien, souvent suite à l'effet catharsique des situations romanesques rencontrées qui ont demandé au comédien de donner beaucoup de lui-même. Aller à la rencontre de personnages, c'est être tolérant envers la nature incroyablement différenciée de l'humanité et apprendre à accepter sa particularité individuelle.
Force est de constater que cette vision idéaliste n'habite pas tous les comédiens. Elle n'est d'ailleurs aucunement garante de la qualité d'interprétation. Ce qui l'est, cependant, à mes yeux, c'est la sincérité, l'enthousiasme et l'empathie qui accompagnent le talent, quelque soit la manière dont celui-ci se travaille.
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Petite épistémologie de la créativité - première partie
(Sous-titre provisoire: De la contrainte nécessaire.) Une des choses qui font de l’Homme un être vraiment étonnant est sa capacité à in...
mercredi 14 novembre 2012
mardi 13 novembre 2012
La peur atavique
Si l'on pouvait se permettre des raccourcis dans l'explication du dysfonctionnement de notre société, eh bien je me permettrais de résumer les choses ainsi.
La peur est ce qui nous a principalement motivés dans l'histoire de notre évolution.
Une peur du danger.
Le danger de ce qui menace notre existence.
Aux premières heures de l'espèce humaine, il nous a fallu nous protéger.
Pour nous protéger, il fallait étudier le danger.
Nous avons étudié et nous nous sommes protégés.
C'est ainsi que nous avons façonné un monde plus sécurisé pour l'homme.
Les limites de notre ignorance ont été repoussées, sans cesse, si loin qu'au final nous avons perdu de vue l'étendue de ce qu'il en restait pour nous glorifier de nos connaissances.
La peur atavique est cependant toujours bien encrée dans nos caboches. Elle explique notre intolérance face à la différence, notre besoin de nous réfugier dans les idéologies fondatrices, notre nécessité à nous accrocher à tout ce que nous avons bâti.
Je ne peux m'empêcher de considérer que ce qui nous lie est tellement plus fort que ce qui nous différencie, tous, les uns les autres, à travers le temps et l'espace.Nous sommes tous fondamentalement égaux face à la nature de notre condition. Nous craignons, au final, les mêmes choses. Nous ne comprenons pas ce que nous faisons sur cette terre, nous refusons de n'être que des animaux errants sans but, - pourquoi avoir conscience de tant de choses s'il n'y a pas de but?-, nous ne savons pas et ne saurons jamais ce qu'il y a après la vie... Nous avons donc peur.
Et s'il n'y avait pas de quoi avoir peur?
Nos voisins sont nombreux à penser les choses autrement. Il ne s'agit pas de quitter une croyance pour en adopter une autre - je pense au bouddhisme, par exemple- mais il s'agit de faire ce travail de questionnement, un travail sur soi, avant tout. Essayer de concevoir cet incroyable fait que nous sommes faits des mêmes atomes qui composent l'univers et qui existent depuis le mur de Planck. Concevoir que nous n'avons rien inventé et tout transformé, au final.
Mais le plus important, quand on observe la marche de la nature, depuis ces milliards d'années, c'est d'accepter que la vie trouve toujours un moyen de persister - conatus- , que ce qui précède la naissance et succède à la mort n'a rien d'effrayant. De toute façon, nous ne savons pas ce qu'est la vie puisque nous ne pouvons la définir autrement que par rapport à la mort dont nous ignorons tout, si ce n'est qu'elle est absence de vie là où il y avait vie. Nous ne la définissons que par ses manifestations, son fonctionnement biologique. C'est vrai, alors, qu'il est compliqué d'être quand on ne sait pas vraiment ce qu'on est.
Cependant, l'inconnu ne doit pas être source de méfiance, d'appréhension tout au plus. Il n'y a pas de justice ou d'injustice, ni de fatalité, de morale, il n'y a que du vivant. Un individu est à la fois une poussière parmi des milliards et un trésor unique.
Je ne suis pas nihiliste; je pense simplement qu'il faut mettre notre mode de vie en perspective, prendre du recul, cesser de nous croire plus forts que nous ne le sommes face aux éléments, découvrir les pensées des anciens, des autres que nous appelons "primitifs" - les Trobriandais que Malinowski a étudiés, par exemple- et essayer de nous fier d'avantage à notre environnement plutôt que de chercher à le dominer. Pour vivre plus en harmonie avec notre planète.
La peur est ce qui nous a principalement motivés dans l'histoire de notre évolution.
Une peur du danger.
Le danger de ce qui menace notre existence.
Aux premières heures de l'espèce humaine, il nous a fallu nous protéger.
Pour nous protéger, il fallait étudier le danger.
Nous avons étudié et nous nous sommes protégés.
C'est ainsi que nous avons façonné un monde plus sécurisé pour l'homme.
Les limites de notre ignorance ont été repoussées, sans cesse, si loin qu'au final nous avons perdu de vue l'étendue de ce qu'il en restait pour nous glorifier de nos connaissances.
La peur atavique est cependant toujours bien encrée dans nos caboches. Elle explique notre intolérance face à la différence, notre besoin de nous réfugier dans les idéologies fondatrices, notre nécessité à nous accrocher à tout ce que nous avons bâti.
Je ne peux m'empêcher de considérer que ce qui nous lie est tellement plus fort que ce qui nous différencie, tous, les uns les autres, à travers le temps et l'espace.Nous sommes tous fondamentalement égaux face à la nature de notre condition. Nous craignons, au final, les mêmes choses. Nous ne comprenons pas ce que nous faisons sur cette terre, nous refusons de n'être que des animaux errants sans but, - pourquoi avoir conscience de tant de choses s'il n'y a pas de but?-, nous ne savons pas et ne saurons jamais ce qu'il y a après la vie... Nous avons donc peur.
Et s'il n'y avait pas de quoi avoir peur?
Nos voisins sont nombreux à penser les choses autrement. Il ne s'agit pas de quitter une croyance pour en adopter une autre - je pense au bouddhisme, par exemple- mais il s'agit de faire ce travail de questionnement, un travail sur soi, avant tout. Essayer de concevoir cet incroyable fait que nous sommes faits des mêmes atomes qui composent l'univers et qui existent depuis le mur de Planck. Concevoir que nous n'avons rien inventé et tout transformé, au final.
Mais le plus important, quand on observe la marche de la nature, depuis ces milliards d'années, c'est d'accepter que la vie trouve toujours un moyen de persister - conatus- , que ce qui précède la naissance et succède à la mort n'a rien d'effrayant. De toute façon, nous ne savons pas ce qu'est la vie puisque nous ne pouvons la définir autrement que par rapport à la mort dont nous ignorons tout, si ce n'est qu'elle est absence de vie là où il y avait vie. Nous ne la définissons que par ses manifestations, son fonctionnement biologique. C'est vrai, alors, qu'il est compliqué d'être quand on ne sait pas vraiment ce qu'on est.
Cependant, l'inconnu ne doit pas être source de méfiance, d'appréhension tout au plus. Il n'y a pas de justice ou d'injustice, ni de fatalité, de morale, il n'y a que du vivant. Un individu est à la fois une poussière parmi des milliards et un trésor unique.
Je ne suis pas nihiliste; je pense simplement qu'il faut mettre notre mode de vie en perspective, prendre du recul, cesser de nous croire plus forts que nous ne le sommes face aux éléments, découvrir les pensées des anciens, des autres que nous appelons "primitifs" - les Trobriandais que Malinowski a étudiés, par exemple- et essayer de nous fier d'avantage à notre environnement plutôt que de chercher à le dominer. Pour vivre plus en harmonie avec notre planète.
lundi 12 novembre 2012
Hétéro, homo, bi, trans et caetera
Notre société a besoin d’ordre. Cet ordre se construit au
moyen de codes qui permettent de catégoriser les diverses choses qui nous
entourent. Un des codes les plus ordonnant que nous ayons est le langage. Les
mots que nous employons découpent notre réalité en apposant une étiquette sur
des choses qui se ressemblent. Ainsi nous généralisons et simplifions les
choses pour les rendre plus accessibles à notre entendement et pouvoir nous
comprendre les uns les autres.
Nous masquons progressivement les innombrables nuances que
revêt notre réalité jusqu’à les nier totalement et perdre la signification des
choses simples.
Un des sujets les plus touchés, parmi tant d’autres, est la
sexualité.
Rien de plus fondamental dans notre société que la
sexualité.
Des centaines d’années de dogmatisme religieux et de codification
sociale ont encadré les comportements « corrects » pour le maintient
de l’ordre et sanctionné les comportements déviants, de manière cruelle.
Entre éthique et étiquetage, nous avons stigmatisé des
comportements que nous ne comprenions pas, dont nous ne voulions pas reconnaître
l’existence, parce que contradictoire avec l’ordre des choses.
Je veux parler de ces termes qui masquent une réalité plus
qu’ils ne définissent des groupes : hétérosexuels, homosexuels, bisexuels.
Est-il si difficile de reconnaître que nous ayons tous des
sensibilités différentes ? Certaines personnes sont tout simplement
attirées par d’autres personnes, et le genre de ces dernières est secondaire.
Pour beaucoup de personnes qui s'élèvent contre la "différence", les comportements sont influencés par l’intériorisation
de normes et de valeurs. Il est rassurant que l’on nous dise ce qu’il est bien
de faire et ce qui ne l’est pas. C’est comme cela que l’on suit docilement l’ordre
établi. C’est aussi comme cela que l’on sème les germes de contre-pensée, de
provocation, de rébellion.
Il est désolant de voir que de nos jours nous ne comprenons
pas.
Nous ne comprenons pas que les différences sont exacerbées parce qu’elles
ont été niées derrière nos étiquettes langagières, sous des codes de
comportement, alors qu’elles ont toujours été présentes et ont toujours fait
partie de la complexité humaine.
Oui, un homme peut en aimer un autre, une femme être séduite
par la personnalité ou le physique d’une autre, exactement comme un homme peut
tomber sous le charme d’une femme de 20 ans son aînée et réciproquement.
Dans
tous les sens l’amour s’exprime.
Notre capacité à penser et à raisonner dans
notre monde nous différencie juste un peu des autres espèces du règne animal.
Nous restons des animaux conscients de certaines choses. Plutôt que de nous
abaisser en niant notre complexité, élevons-nous et reconnaissons notre
capacité à nous découvrir, nous séduire, nous apprécier.
En matière de sentiments, ne nous arrêtons pas à
l’illusoire dictature des genres
Le terme amour recouvre déjà tant de nuances
de sentiments que tous les plus grands poètes ne sauraient se mettre d’accord sur une
définition.
L’Eglise avance que l’homosexualité est contre-nature, entre
tant d’autres archaïsmes que je préfère ne pas m’y référer, et trop de gens pensent
aisément ainsi.
Rien ne freinera notre habilité à nous reproduire de toute
façon, et nous avons plus à gagner à ouvrir les esprits qu’à les maintenir
cloisonnés.
Alors OUI au mariage pour toutes personnes qui s’aiment et qui désirent se marier ; OUI à l’adoption
pour tous les couples de bonne volonté.
Il est enrageant –je pèse ce terme- qu’aujourd’hui de tels
sujets fassent débat, qu’il y ait encore des gens qui aient honte de ce qu’ils
ressentent, qu’ils soient poursuivis, moqués, insultés, tués alors que le monde
a tant à gagner à inciter chaque personne à s’aimer pour ce qu’elle est, à
avoir confiance en soi. Cessons de nous poser de faux problèmes, laissons-nous
vivre notre intimité sans être pétris par la peur d’un imminent chaos social qui ne
viendra pas de là.
Tous philosophes
Nous sommes devenus des paresseux. Mais comment ne pas le
devenir quand nous vivons dans un monde qui nous pousse à l’être. Alors même qu'à
l’école on nous enseigne maladroitement à nous ouvrir sur tant de connaissances
afin de développer notre esprit critique, une fois devenus adultes nous n’avons
guère le choix : il nous faut rentrer dans les cases que notre société a
construites pour assurer sa pérennité. Devenir adulte c’est se résigner à
trouver sa place dans la grande chorégraphie, bien la suivre pour recueillir
les applaudissements de ses pairs. Ainsi, nous ne prêtons plus attention à la
musique, nous ne questionnons pas l’ordre des pas de danse ; nous exécutons
ce que l’on attend de nous.
Cela fait-il de nous des paresseux pour autant ? Parce
qu’ils s’agitent drôlement ces quelques milliards d’êtres humains… Eh bien oui, nous sommes paresseux, dans une
certaine mesure.
Dans la mesure où nous ne nous posons plus de questions. Dans
la mesure où nous ne cherchons plus les réponses par nous-mêmes. Toujours empêtrés
dans nos contradictions, nous voulons comprendre mais nous n’avons pas le
temps. Nous voulons savoir mais nous avons peur de savoir. Nous voulons nous
différencier des autres, superficiellement, en étant plus semblables que nos
pairs – en exécutant mieux la chorégraphie.
Nous sommes tous semblables et tous différents : tous
semblables dans notre condition, tous différents dans ce que nous faisons de ce
que nous sommes.
Nous contournons ces contradictions en cherchant des repères
et des références autour de nous, dans le passé, dans ce que le temps a
valorisé. Peut-être devrions-nous chercher en nous-mêmes ?
Les hommes ont une propension incroyable à se jeter à bras
ouverts dans la pensée de ceux qui font le travail pour nous. Ainsi Socrate, Jésus,
Siddhârta, Aristote, Moïse, Confucius et tant d’autres sont-ils divinisés, « starisés ».
Nous avons érigé les fruits de leur réflexion en Vérité, indétrônable,
intransigeante, unique, intolérante et intolérable. N’est-il pas inquiétant de
voir à quel point nous nous disputons leur parole, comme un petit bout de
couverture, trop petit pour tous nous réchauffer, alors que nous pourrions
fabriquer d’autres couvertures ? Produire
de la pensée nouvelle.
2000 ans après le Christ, nous avons inventé la physique
quantique mais nous sommes encore trop frileux pour remettre en cause la
divinité archaïque des fondements de notre pensée judéo-chrétienne.
Ces hommes, ces penseurs, nos semblables, ont ouvert leur
esprit, partagé, communiqué ce qu’ils avaient en eux après s’être longuement
interrogés sur notre condition. Jamais ils n’ont cherché à ce que leur personne
prenne le pas sur leurs idées. Leur ambition n’est autre que la soumission de
leurs idées à leurs semblables pour alimenter la pensée humaine. Leur génie ne
fait pas de ces hommes des surhommes, encore moins des dieux. Comme cela arrive
tous les jours, partout dans le monde et dans tous les domaines, ce sont des
hommes qui font très bien ce qu’ils savent faire, des pionniers dans le domaine
de l’éveil des consciences.
Nous sommes alors fascinés par leur compétence que les
siècles ont amenée jusqu’à nous, confirmant ainsi la profonde valeur heuristique
de leur réflexion. Nous ne leur disons pas simplement merci pour l’exemple qu’ils
sont, pour l’hommage qu’ils rendent à leur humanité, mais nous les
désenchantons en nous mettant à leur genoux, eux qui ne cherchaient qu’à nous
élever, nous pervertissons leur pensée en ne cherchant pas à la comprendre, en
en faisant un enjeu politique de pouvoir. Tout ce qu’ils nous exhortent à
faire, c’est réfléchir, s’ouvrir et être à la hauteur de ce que nous sommes.
Nous ne pouvons pas tous être Philosophes et refaire le
monde chaque jour. Mais nous pouvons tous faire l’effort de remettre en
question des idées, de réfléchir aux raisons qui nous animent, et nous sommes
très nombreux à faire déjà ces efforts. C’est ainsi que l’on apprend à se
connaître, que l’on découvre ce que l’on veut sincèrement et honnêtement faire
de son existence, sans nuire à ses semblables, sans nuire à notre
environnement.
Qu'est-ce que la philosophie : l’art de poser les
bonnes questions. Certes, mais encore ?
L’effort de se poser les questions les plus simples qui sont
aussi fondamentales et commencent souvent par Pourquoi… La science répond à certaines de ces
questions, mais pour le reste que l’on appelle métaphysique, qu’avons-nous ?
La foi apparemment, la philosophie sûrement. La philosophie qui nous apprend à gérer l'absence de réponses.
Se poser des questions, c’est une chose. Trouver des débuts de
réflexion en est une autre. L’important dans ce travail, est de chercher à
transcender les idiosyncrasies qui gouvernent notre pensée. Pour cela il faut s’intéresser
à notre culture, notre système de valeurs, ses origines, son histoire, lire les
romans de nos contemporains, de nos ancêtres, pour s’en détacher.
Aborder ces questions avec désintérêt individualiste, avec
ouverture et enthousiasme, apporte des débuts de réponses. Partout sur notre petite
planète, ces réflexions prendront nécessairement des expressions différentes
mais seront semblables dans le fond. On peut découvrir dans les idées profondes qui
animaient les plus grands philosophes, une fois gratté le vernis culturel des
époques qui les ont vu naître, l’universalité du bon sens.
Un travail d'équipe
Nous sommes des êtres étranges. Hébergés dans un corps que
nous méconnaissons, - ce n’est pas parce que la biologie décrypte une grande
partie de notre fonctionnement que nous connaissons notre corps- nous résumons
bien souvent le Soi, à la « conscience d’être », c’est-à-dire à ce
qui se passe dans notre tête. Depuis des siècles, nous en sommes venus à
distinguer le corps et l’esprit comme deux entités distinctes que le
cartésianisme illustre parfaitement.
Nous avons la sensation que tout se passe dans notre tête,
siège de l’interprétation de nos perceptions ; il n’est donc pas
surprenant que nous en ayons déduit que notre pensée est toute puissante, que
notre corps n’est que le médium de notre animalité duquel il importe de se
détacher.
Nous savons cependant que notre disposition mentale influe
directement sur le fonctionnement de notre corps : un moral bas et le
corps est plus réceptif aux petits maux. Un danger surgit et nos forces sont
décuplées.
Une devise très courante mériterait d’être considérée avec
moins de légèreté. Un esprit sain dans un corps sain. En effet, si les liens
sont intimement plus étroits entre notre corps physique et notre pensée, nous
avons beaucoup à gagner à ne négliger aucune des parties.
Consacrer quelques minutes par jour à fermer les yeux pour
sentir son corps, réapprendre à s’émerveiller de la manière mystérieuse dont il
fonctionne, sans relâche, dont il se répare alors que nous le maltraitons si
souvent, son incroyable résistance, son adaptation, son soutient indéfectible
alors même que nous n’y prêtons aucune attention.
C’est pourquoi je crois qu’il est important d’apprendre à
connaître la formidable petite machine de vie que nous sommes. Apprendre à la
connaître non pas via le prisme de notre raison ou de données accumulées dans
les bouquins, mais par la sensation, une
perception intime de soi, intuitive et introspective, suivant une démarche
altruiste. Aller à la rencontre du corps étranger que nous sommes.
Le corps et l’esprit
qui définissent ce que chacun de nous est, fonctionnent ensemble, en équipe, se
soutenant, embarqués tous les deux dans une même aventure. Il est dans notre
devoir de prendre soin au mieux de ce que nous avons, la seule chose que nous
possédions vraiment, notre corps et notre pensée, notre être, qui va bien
au-delà de ce que notre perception rapide nous donne à croire trop simplement.
Il
faut apprendre à se connaître, à se sentir, à avoir pleine conscience de tous ces
organes qui nous composent et travaillent sans cesse à se maintenir en vie. Sentir
ses muscles, les faire travailler comme ils le réclament, prendre le temps de s’alimenter
correctement. Si l’on cherche à être à l’écoute attentive de son organisme, il
nous fait comprendre ce dont il a besoin.
Commencer par ces petites choses
fondamentales permet simplement d’être bien avec soi-même. C’est ce que l’on
peut appeler le début du bonheur.
lundi 5 novembre 2012
Ô vulgarisateurs!
L'académisme intellectualisant à la française me donne des boutons. J'ai bien essayé diverses crèmes pour soulager les éruptions qui surviennent à l'écoute de certains et à la lecture de certains autres, mais il n'y a rien à faire si ce n'est tout simplement réduire au minimum les contacts avec les tenants de cet élitisme nombriliste.
La pensée qui se contemple elle-même et se gargarise des fruits de son exercice réflexif dans un français ampoulé me donne la nausée. Souvent ce ne sont que références sur références à d'illustres penseurs passés, si bien que l'intervenant donne l'impression que sa propre réussite ne vient que du simple fait qu'il sache reconnaître lui-même la valeur de la pensée d'un autre et la réinterpréter dans un style encore plus obscure.
La réussite étant manifeste à travers la demande adressée par certains supports médiatiques en quête de légitimité réclamant moult avis de savants bardés de diplômes.
N'être reconnu que par ses pairs académiques, aussi nombreux que les députés présents à l'assemblée nationale un jour ouvré, est gage de la qualité de son travail.
Pourtant, il en faut. Il faut des penseurs, des chercheurs, des amoureux des questions sur lesquelles personne ne veut se pencher. Il sont indispensables, partout dans le monde, les empêcheurs de tourner en rond.
Mais pourquoi donc se limiter à diffuser ces réflexions au plus petit nombre? La populace ne vaut elle pas la peine que l'on s'adresse à elle? Cette masse grouillante qui n'a d'intérêt que pour les prêt-à penser? Bien sûr puisqu'il faut bien que ces gens travaillent pour payer leurs factures. Ils n'ont pas de temps ni de besoin pour ces choses-là, les choses de l'esprit.
Eh bien je ne suis pas d'accord. Je force le trait bien volontairement car c'est cependant ce que m'inspire tout un pan de l'intellectualisme français.
Heureusement, ce n'est qu'un pan. Heureusement que certains auteurs viennent éclaircir le tableau par l'accessibilité de leur démarche.
Parce que l'amour de l'exercice spirituel, des belles lettres et des idées va de pair avec la notion de partage. Alors quand un auteur s'applique à exprimer le plus clairement possible, au travers de nouvelles, de romans, de préambules, d'essais, les enjeux qui animent sa recherche pour partager son enthousiasme et mobiliser les citoyens sur une question, je suis ravie.
Certes, la science s'est divisée en tant d'innombrables sous-disciplines que leur simple recensement constituerait une science à part entière. La spécialisation se fait alors au détriment de l'accessibilité, telle une mise en abîme dont la flamme initiale s'évaporerait dans les lueurs ténébreuses de l'infiniment petit, de l'infiniment spécial.
Tel le message que Platon illustre dans son Allégorie de la Caverne, la connaissance ne vaut pas grand chose si elle ne va pas vers le plus grand nombre. On connaît biensûr le sort réservé ensuite au philosophe de l'Allégorie, mais tant pis. Cette allégorie peut être interprétée de deux manières: une favorise le cloisonnement élitiste, l'autre - un tantinet évangélique- favorise un certain sacrifice du philosophe incompris. Un sacrifice toutefois mortel.
Plus de 2000 ans après Platon, il est heureux de constater que les risques encourus par les vulgarisateurs sont moindres.
Cependant, il ne s'agit pas d'opposer scientifiques élitistes aux vulgarisateurs dans un manichéisme simpliste. Je me doute bien que nombre d'auteurs, par maladresse, par trop de proximité au sujet de leur étude, sont simplement maladroits et il serait malhonnête de juger des intentions de quelqu'un sur la seule forme avec laquelle il exprime ses idées.
Trop souvent, les penseurs élitistes aiment les idées pour leur complexité, pour l'agencement des termes de la dialectique, pour leur effet séduisant, le défi que ces idées posent à leur entendement, leur dimension heuristique, le vernis de culture que leur mention induit.
Trop souvent, ce n'est que surenchère et épuisement de concepts déjà vus, alors que la pensée n'a jamais été plus belle que lorsqu'elle se nourrit de références pour s'en détacher.
Il ne s'agit pas de distinguer deux groupes d'intellectuels et de les opposer. Il s'agit de reconnaître l'intérêt des vulgarisateurs qui opèrent un travail de connexion entre pensées obscures et esprits non-initiés.
Souvent, les vulgarisateurs sont fardés d'adjectifs à la mode, tels "clientélistes", "populistes", "commerciaux". Biensûr, il y en a. Mais je dénonce le raccourcis trop souvent opéré entre ces derniers et les auteurs sincèrement motivés, un brin idéalistes.
Les gens sont beaucoup plus intelligents que ne le laisserait penser un primitif réflexe élitiste d'initiés. Sous-estimer ses contemporains est une erreur. Il faut donc que de part et d'autre, à mi chemin, les mains se tendent pour faciliter l'accès aux idées. Que les citoyens soient sensibilisés et non rebutés par la complexité des sujets abordés. Ils sont si nombreux à être bien avertis, mais non initiés.
Si l'on pouvait tous avoir une compréhension des sciences de la matière, de physique astronomique, de biologie... Je ne peux m'empêcher de croire qu'il existe un intérêt, quelque part, à maintenir le monde dans un flou artistique sur ces sujets fondamentaux, de la même manière que je ne comprends pas, par exemple, pourquoi les notions de secourisme ne sont pas enseignées à tous, gratuitement, partout.
Si l'on veut faire avancer le monde, à un moment, il faut parler au monde. A tout le monde.
Alors vive les chercheurs, les philosophes, les physiciens, les biologistes, les hommes concernés par leurs semblables, et vive le jour où le manque de temps, d'intérêt et la peur des uns ne paralyseront plus les esprits des autres.
La pensée qui se contemple elle-même et se gargarise des fruits de son exercice réflexif dans un français ampoulé me donne la nausée. Souvent ce ne sont que références sur références à d'illustres penseurs passés, si bien que l'intervenant donne l'impression que sa propre réussite ne vient que du simple fait qu'il sache reconnaître lui-même la valeur de la pensée d'un autre et la réinterpréter dans un style encore plus obscure.
La réussite étant manifeste à travers la demande adressée par certains supports médiatiques en quête de légitimité réclamant moult avis de savants bardés de diplômes.
N'être reconnu que par ses pairs académiques, aussi nombreux que les députés présents à l'assemblée nationale un jour ouvré, est gage de la qualité de son travail.
Pourtant, il en faut. Il faut des penseurs, des chercheurs, des amoureux des questions sur lesquelles personne ne veut se pencher. Il sont indispensables, partout dans le monde, les empêcheurs de tourner en rond.
Mais pourquoi donc se limiter à diffuser ces réflexions au plus petit nombre? La populace ne vaut elle pas la peine que l'on s'adresse à elle? Cette masse grouillante qui n'a d'intérêt que pour les prêt-à penser? Bien sûr puisqu'il faut bien que ces gens travaillent pour payer leurs factures. Ils n'ont pas de temps ni de besoin pour ces choses-là, les choses de l'esprit.
Eh bien je ne suis pas d'accord. Je force le trait bien volontairement car c'est cependant ce que m'inspire tout un pan de l'intellectualisme français.
Heureusement, ce n'est qu'un pan. Heureusement que certains auteurs viennent éclaircir le tableau par l'accessibilité de leur démarche.
Parce que l'amour de l'exercice spirituel, des belles lettres et des idées va de pair avec la notion de partage. Alors quand un auteur s'applique à exprimer le plus clairement possible, au travers de nouvelles, de romans, de préambules, d'essais, les enjeux qui animent sa recherche pour partager son enthousiasme et mobiliser les citoyens sur une question, je suis ravie.
Certes, la science s'est divisée en tant d'innombrables sous-disciplines que leur simple recensement constituerait une science à part entière. La spécialisation se fait alors au détriment de l'accessibilité, telle une mise en abîme dont la flamme initiale s'évaporerait dans les lueurs ténébreuses de l'infiniment petit, de l'infiniment spécial.
Tel le message que Platon illustre dans son Allégorie de la Caverne, la connaissance ne vaut pas grand chose si elle ne va pas vers le plus grand nombre. On connaît biensûr le sort réservé ensuite au philosophe de l'Allégorie, mais tant pis. Cette allégorie peut être interprétée de deux manières: une favorise le cloisonnement élitiste, l'autre - un tantinet évangélique- favorise un certain sacrifice du philosophe incompris. Un sacrifice toutefois mortel.
Plus de 2000 ans après Platon, il est heureux de constater que les risques encourus par les vulgarisateurs sont moindres.
Cependant, il ne s'agit pas d'opposer scientifiques élitistes aux vulgarisateurs dans un manichéisme simpliste. Je me doute bien que nombre d'auteurs, par maladresse, par trop de proximité au sujet de leur étude, sont simplement maladroits et il serait malhonnête de juger des intentions de quelqu'un sur la seule forme avec laquelle il exprime ses idées.
Trop souvent, les penseurs élitistes aiment les idées pour leur complexité, pour l'agencement des termes de la dialectique, pour leur effet séduisant, le défi que ces idées posent à leur entendement, leur dimension heuristique, le vernis de culture que leur mention induit.
Trop souvent, ce n'est que surenchère et épuisement de concepts déjà vus, alors que la pensée n'a jamais été plus belle que lorsqu'elle se nourrit de références pour s'en détacher.
Il ne s'agit pas de distinguer deux groupes d'intellectuels et de les opposer. Il s'agit de reconnaître l'intérêt des vulgarisateurs qui opèrent un travail de connexion entre pensées obscures et esprits non-initiés.
Souvent, les vulgarisateurs sont fardés d'adjectifs à la mode, tels "clientélistes", "populistes", "commerciaux". Biensûr, il y en a. Mais je dénonce le raccourcis trop souvent opéré entre ces derniers et les auteurs sincèrement motivés, un brin idéalistes.
Les gens sont beaucoup plus intelligents que ne le laisserait penser un primitif réflexe élitiste d'initiés. Sous-estimer ses contemporains est une erreur. Il faut donc que de part et d'autre, à mi chemin, les mains se tendent pour faciliter l'accès aux idées. Que les citoyens soient sensibilisés et non rebutés par la complexité des sujets abordés. Ils sont si nombreux à être bien avertis, mais non initiés.
Si l'on pouvait tous avoir une compréhension des sciences de la matière, de physique astronomique, de biologie... Je ne peux m'empêcher de croire qu'il existe un intérêt, quelque part, à maintenir le monde dans un flou artistique sur ces sujets fondamentaux, de la même manière que je ne comprends pas, par exemple, pourquoi les notions de secourisme ne sont pas enseignées à tous, gratuitement, partout.
Si l'on veut faire avancer le monde, à un moment, il faut parler au monde. A tout le monde.
Alors vive les chercheurs, les philosophes, les physiciens, les biologistes, les hommes concernés par leurs semblables, et vive le jour où le manque de temps, d'intérêt et la peur des uns ne paralyseront plus les esprits des autres.
La noblesse de la simplicité
Dans un monde où la quête d'une soi-disant facilité du quotidien nous mène à développer des technologies toujours plus performantes, dans la communication et l'accès à l'information, dans l'ergonomie des objets, dans l'instantanéité et la dématérialisation des échanges;
Dans un monde où la rentabilisation de son existence est devenue le paradigme de la réussite personnelle, par la virtualisation des rencontres et la recherche de reconnaissance de ses semblables;
Dans un monde hypocrite qui cherche "officiellement" le bonheur et le bien-être pour le plus grand nombre et qui ne répond qu'aux demandes d'un petit nombre puisque c'est "officieusement" le résultat escompté;
Dans un monde qui détruit son environnement non plus par ignorance des conséquences mais par inconscience et inertie, peut-être par désintérêt;
un malaise grandit.
De plus en plus de citoyens se posent des questions et ne comprennent plus après quoi l'on court aussi éperdument, devant quoi l'on fuie aussi indignement.
Autant d'agitation ne peut que refléter une absence de sérénité.
Les spiritualités prennent le pas sur les idéologies, les intégrismes se cristallisent, les pierres, jetées de part et d'autres, retombent en tas informes et barricades au lieu de créer des sentiers et édifier de l'inédit.
Les communautés se posent en s'opposant. Les regards, toujours, accusateurs ou inquiets, cherchent d'autres regards et délaissent le paysage environnant.
Ils n'y a pas que les hommes sur terre!
Alors de plus en plus, des voies s'élèvent et revendiquent un éveil au bon sens. Le bon sens du respect de la nature et du vivant qui nous entoure.
Nombreux les rassemblés sur la place pour observer un feu d'artifice. Ravies les paires d'yeux fixant l'horizon incandescent d'un coucher de soleil. Serein qui consacre une heure de sa journée à un effort physique juste pour l'effort. Heureux qui travaille la terre, le bois, la pierre. Heureux celui qui "cultive son jardin" candidement.
Pour un autre monde, un monde souhaité, un monde souhaitable, développons le bon sens, reconnaissons la noblesse des choses simples sans lesquelles nous ne pouvons continuer à vivre. C'est par là qu'il faut commencer.
Dans un monde où la rentabilisation de son existence est devenue le paradigme de la réussite personnelle, par la virtualisation des rencontres et la recherche de reconnaissance de ses semblables;
Dans un monde hypocrite qui cherche "officiellement" le bonheur et le bien-être pour le plus grand nombre et qui ne répond qu'aux demandes d'un petit nombre puisque c'est "officieusement" le résultat escompté;
Dans un monde qui détruit son environnement non plus par ignorance des conséquences mais par inconscience et inertie, peut-être par désintérêt;
un malaise grandit.
De plus en plus de citoyens se posent des questions et ne comprennent plus après quoi l'on court aussi éperdument, devant quoi l'on fuie aussi indignement.
Autant d'agitation ne peut que refléter une absence de sérénité.
Les spiritualités prennent le pas sur les idéologies, les intégrismes se cristallisent, les pierres, jetées de part et d'autres, retombent en tas informes et barricades au lieu de créer des sentiers et édifier de l'inédit.
Les communautés se posent en s'opposant. Les regards, toujours, accusateurs ou inquiets, cherchent d'autres regards et délaissent le paysage environnant.
Ils n'y a pas que les hommes sur terre!
Alors de plus en plus, des voies s'élèvent et revendiquent un éveil au bon sens. Le bon sens du respect de la nature et du vivant qui nous entoure.
Nombreux les rassemblés sur la place pour observer un feu d'artifice. Ravies les paires d'yeux fixant l'horizon incandescent d'un coucher de soleil. Serein qui consacre une heure de sa journée à un effort physique juste pour l'effort. Heureux qui travaille la terre, le bois, la pierre. Heureux celui qui "cultive son jardin" candidement.
Pour un autre monde, un monde souhaité, un monde souhaitable, développons le bon sens, reconnaissons la noblesse des choses simples sans lesquelles nous ne pouvons continuer à vivre. C'est par là qu'il faut commencer.
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